«Une truie transgénique phosphorescente a donné naissance à deux cochonnets, qui peuvent également émettre une lumière verte en pleine obscurité, ont indiqué mercredi les médias chinois», nous apprend l’AFP. Tel qu’on peut en juger, ça fait des photos très sympas. En plus, la dernière fois qu’on avait vu un truc vert pendant la nuit, c’était Dominique Voynet qui pleurait dans son local vide le soir de l’élection présidentielle. On ne peut donc qu’accueillir cette information avec plaisir.
L’article, toutefois, se hâte de livrer des raisons scientifiques, et d'expliquer comment qu’on veut «suivre le développement des tissus quand des cellules souches sont employées pour générer de nouveaux organes humains destinés à en remplacer d’autres déficients». C’est joli comme formule, on dirait presque qu’on évoque un remaniement ministériel avec Jacques Toubon (la vieille souche) qui remplace Rachida Dati.
Mais quand même. A-t-on pensé aux petits enfants, dont les cochons nourrissent, l’estomac certes, sous forme de plastique rose lyophilisé, mais aussi l’imagination, grâce aux contes de fées et autres allégories ? Et Les Trois Petits Cochons, alors, hein, qui a pensé aux histoires que l’on narrera à nos progénitures dans les années à venir ?
Heureusement, blogcruel a pensé à tout. Pour anticiper un avenir où la science détruira ce qu’il reste d’humanité et de fantaisie, voici en exclusivité la version 2020 des Trois Petits Cochons. Et franchement, ça va moins pouffer dans les couffins.
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Il était une fois trois petits cochons verts phosphorescents transgéniques radioactifs avec sans doute plein d’autres adjectifs inquiétants : Nif, Naf, et Gnouf, ainsi surnommé parce qu’il avait passé un mois en prison pour avoir aidé José Bové à brouter un champ de maïs.
Un jour, ils voulurent quitter le bourbier familial pour découvrir le monde. Nif décida de bâtir une maison de paille ; ainsi il avait du temps libre pour danser et chanter. En plus, grâce à ses poils fluorescents, il assurait en discothèque, c'était la fièvre aphteuse du samedi soir.
Vint un loup, qui montra patte blanche ; non point qu’il avait revêtu un gant pâle, mais on y avait greffé un gène albinos rien que pour rigoler. Il souffla si fort que la maison s'envola. Il mangea le cochon, non sans dire : «Cette couleur verte me rappelle les brocolis de chez Flunch.»
Naf prit un peu plus de temps et bâtit une maison de brindilles, plus solide que la précédente, ce qui lui laissait seulement le temps de chanter. Malgré son look Tecktonik, il se contentait de fredonner du Tokio Hotel, dont le chanteur partageait sa coiffure. Le loup, pas rassasié, souffla si fort que la maison s'envola. Il mangea le cochon, non sans ajouter : «Cette teinte verte m'évoque les endives de la 'végétarienne' à Pizza Hut.»
Gnouf, sans doute marqué par son séjour à Fleury-Mérogis, avait construit une maison de briques et de ciment. Le loup souffla si fort qu'il détruisit son unique poumon, l'autre ayant servi à concevoir des maquillages waterproof.
«Si c'est comme ça, je vais passer par la cheminée, comme le père Noël quand on le fit brûler pour arrêter de faire rêver les enfants.»
Ce faisant, il tomba dans une marmite de soupe. Avant de mourir ébouillanté, il dit «Rosebud», qui était la couleur de sa bière favorite, puisqu'on a remplacé le malt par des colorants.
Le petit cochon mangea enfin le loup, non sans remarquer : «Cette couleur blanche me rappelle le foie gras de chez Lidl.»
Puis il vécut sa vie, vert, phosphorescent, transgénique et radioactif, comme tous ses amis morts.
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La semaine prochaine : Blanche-Neige et les Sept Nains, puis Six, puis Cinq, etc., à cause des allergies alimentaires provoqués par l'ajout d'OGM.
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